Une réelle volonté politique sera indispensable

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                             Lors Lors d’une interview sur BFM le 6 juillet 2011, Jérôme Cahuzac, député PS, président de la commission des finances et soutien de François Hollande, préconisait : « la prochaine mandature devra être la mandature de la réindustrialisation si nous souhaitons que la France retrouve son rang », et ajoutait : « le vrai mal français, c’est que les usines s’en vont ».

François Hollande, fidèle au dogme socialiste, a souvent prôné plus de mondialisme et d’importations « pour aider les pays du sud ».                                 

Compte tenu du déficit record de la balance commerciale et d’une crise s’aggravant chaque jour, l’ancien 1er secrétaire du PS prendra t-il enfin en considération l’opinion des ouvriers et de la majorité de français qui souhaitent que l’on récupère notre industrie manufacturière ?                                                                                                    

 

Martial Bourquin, Sénateur PS et Président de la commission du Sénat pour la reindustrialisation créée à son initiative, a rendu son rapport en juin 2011, au terme de onze mois de travaux. D’importantes divergences ont opposé les sénateurs socialistes au groupe de sénateurs majoritairement à droite et le rapport final de cette mission n’a pas été signé.

Cette propension à défendre notre industrie pourrait peut-être préfigurer une politique industrielle plus volontariste des élus du Parti Socialiste.                                                                                                                                                                                                                                                                                                       

 

Dans notre article du 25 mai 2011,     Un plan de sauvetage pour l’industrie manufacturière                                          

nous avons évoqué la possibilité d’une renaissance de l’industrie manufacturière française  facilitée par l’augmentation des salaires dans les pays émergents et les coûts croissants du transport. Martine Aubry partage semble-il, notre analyse et a présenté ces mêmes arguments lors d’une interview, le 21 août 2011 sur BFM TV.                                    

 

L’ancienne ministre du travail a également recommandé : « il faut remettre l’industrie au cœur de notre développement » et cité « les textiles innovants ».

Cependant, le marché des textiles techniques est un marché de niches avec une production de petites quantités de produits à forte valeur ajoutée qui emploie à peine 19 000 personnes. Ce marché des textiles innovants, brandi depuis plus de 20 ans par la plupart des    personnalités politiques dont Nicolas Sarkozy, comme le remède miracle à la délocalisation du textile habillement,  reste malgré tout peu créateur d’emploi.                                               

 

Par ailleurs, si les ventes explosaient, il est à craindre que les plus grosses entreprises, souvent bénéficiaires du financement en R&D de l’état, s’empressent encore de délocaliser. Peut-être conviendrait t-il de soumettre l’obtention de financement en R&D, à l’engagement à ne pas délocaliser. Certes, cela va à l’encontre d’une politique gouvernementale qui encourage les délocalisations. René Ricol, Commissaire général du grand emprunt de 35 Milliards, a expliqué sur BFM Business, que dans le contexte de globalisation, il devait aussi investir l’argent du contribuable français dans les R&D de sociétés situées à l’étranger !                                                                

 

Au cours de son interview, Martine Aubry a ajouté : « il faut  aussi relocaliser un certain nombre d’activités », sans toutefois préciser clairement si elle incluait des industries manufacturières traditionnelles comme celles du textile habillement et du meuble. Pourtant, seuls des marchés de masse sont susceptibles de générer les millions d’emplois industriels indispensables à la santé économique et sociale d’un pays de 65 millions d’habitants.

Nous pensons que la réindustrialisation de la France est surtout affaire de volonté politique et nous ne devons plus feindre de croire que l’invention de quelques produits innovants à forte valeur ajoutée, suffira à compenser la disparition des grandes industries manufacturières.

De plus les produits innovants les plus prometteurs sont souvent acquis par des fonds d’investissement qui délocalisent systématiquement la production dans les pays émergents

Francis JOURNOT 

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